La polémique autour de la restauration
Dès l’attribution du chantier à
Bodo Ebhardt, les critiques fusent.
Otto Piper, auteur de la Burgenkunde (la première somme scientifique sur les châteaux forts allemands) et rédacteur du journal Le courrier du Bas-Rhin, se déchaîne.
Guillaume II l'avait d'abord consulté mais son projet de conservation de la ruine ne l'avait pas séduit. Arguant qu'une restauration risque de dénaturer la valeur historique du site, le candidat évincé condamne systématiquement le travail de B. Ebhardt, qu'il accuse d’opportunisme.
Le donjon objet des polémiques
La polémique se cristallise surtout autour de la forme du donjon. Alors que Bodo Ebhardt le restitue, avec raison, de forme carrée, les opposants à la restauration certifient qu'il était rond. Ces détracteurs, dont d’éminents scientifiques, vont jusqu’à fabriquer des faux pour prouver leurs dires !
Ces attaques sont évidemment orientées contre le symbole politique que devient le Haut-Kœnigsbourg entre les mains de l’empereur.
Ce dernier n'est pas épargné. Suite à l'inauguration, une partie de la presse régionale et internationale, et des anti-germanistes notoires comme l'illustrateur Hansi, s'en donnent à cœur joie. Ils se moquent du défilé historique. La cérémonie se voulait grandiose, elle s'est déroulée sous une pluie battante ! Le Kaiserwetter (le beau temps censé accompagner l’empereur) s'était éclipsé !